L’industrie de la chasse au phoque canadienne a disposé de 300 ans pour développer le commerce des produits dérivés du phoque au Québec et au Canada avec comme résultat un échec commercial total. Le représentant des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine Denis Longuépée a reconnu lui-même cet échec de commercialisation au Canada. Il a d’ailleurs déclaré dans les médias après le maintien du dernier embargo européen: “Si juste les gens du Canada achetaient plus de produits du phoque, on n’aurait même pas besoin d’exporter”. Le dernier de ces échecs de mise en marché étant l’embargo d’un marché de 500 millions d’européens dégoûtés de la chasse aux phoques. Sans de fortes subventions des gouvernements fédéraux et provinciaux, cette industrie serait sans doute déjà disparue il y a longtemps n’ayant aucun marché ici au Québec et dans la plupart des pays occidentaux. Mais malgré les lois du capitalisme et de l’économie qui déconseillent de développer une industrie sans marché existant, le gouvernement canadien s’obstine à encourager le développement de cette activité anachronique et déficitaire sans avenir. On peut aussi penser que les chasseurs de phoques n’ont pas fait grands efforts pour s’adapter à la nouvelle économie mondiale préférant se réfugier dans la tradition d’une chasse anachronique qui date du temps de la Nouvelle-France. Le lobby pro-chasse aux phoque c’est comme si une personne voudrait se partir une entreprise de chasse à la baleine en 2010 en espérant vendre des baleines de corsets… L’entreprise des produits dérivés du phoque est folklorique plus que moderne et courrait rapidement vers la faillite à moins d’être fortement subventionnée par les paliers de gouvernement, ce qui est le cas au Canada. La chasse aux phoques est la deuxième chasse qui n’a plus de raison d’être en 2010 après la chasse à la baleine.
Une viande dont personne ne veut
La viande de phoque n’a jamais suscité l’intérêt au Québec même après 3 siècles de chasse aux phoques. Même quant il n’y avait même pas de mouvements d’opposants à la chasse aux phoques, ni de mouvement végétarien, cette viande n’avait même pas de succès au Canada. N’étant pas végétarien, j’ai moi-même goûté à cette viande lors de mes études universitaires et j’ai rapidement compris pourquoi cette viande n’aurait jamais de succès commercial en Occident. Un goût graisseux desgeulasse. Le processus de dégustation est encore plus inquiétant quant on sait la liste de contaminants probables contenue dans cette viande. Si on se fie à ce qu’on a découvert dans la chair des bélougas échoués et mort dans le St-Laurent à cause des effets de la pollution, on doit être inquiet concernant les risques de consommer de la viande de phoque. Entre vous et moi si cette viande serait excellente au goût les Etats-Unis en mangeraient des millions de tonnes par année et le troupeau actuel ne suffirait pas à la demande. Mais même les Américains, sans doute les plus grands mangeurs de viande au monde n’en veulent pas de cette viande .Il faut ajouter aux pays dénigreurs de la viande de phoque le Mexique et maintenant un demi milliard d’européens. Le Canada continue pourtant d’encourager ce fiasco de mise en marché commercial.
Le Canada applique le slogan “Faites ce que je dis, pas ce que je fais”
Les Québécois soucieux de leur santé préfèrent de loin la viande sans mercure dedans. Les gens en 2010 prennent soin de leur santé, évite la cigarette, font du sport. Ils lisent les étiquettes. Ils ne risqueront pas leur santé pour faire plaisir à un lobby de chasseurs cupides. Pour survivre, l’industrie de la chasse aux phoques doit désespérément trouver un marché extérieur au Canada. Un marché constitué de gens assez naïfs ou assez peu informés pour manger de la viande contenant du mercure. Rare sont les Québécois qui ont mangé de la chair de phoque dans leur vie mis à part les régions où la chasse est pratiquée. Parfois les politiciens canadiens en bouffent pour faire plaisir au lobby phoquier et faire une belle photo de propagande, mais vous pouvez êtes sûr qu’ils ne mangent pas du phoque à chaque semaine. Les politiciens canadiens sont tout à fait au courant des problèmes de santé des populations du Nunavut résultant de la consommation de viande fortement intoxiquée au mercure.
La bioaccumulation
Le lobby pro-chasse aux phoques ne vous parlera pas de la bioaccumulation. “Pendant sa vie, un organisme consomme ou absorbe certaines substances chimiques qui sont retenues dans ses tissus, de sorte que les concentrations augmentent dans l’organisme jusqu’à dépasser celles dans l’environnement ambiant. C’est le phénomène de la bioaccumulation.” 1 Il faut noter que le méthylmercure (la forme organique du mercure) connaît une bioamplification dans les organismes aquatiques. Le phoque mange toute sa vie des poissons contaminés aux métaux lourds. Il se produit alors un phénomène d’accumulation qui fait qu’en haut de la chaîne alimentaire, les gros poissons et mammifères accumulent le mercure dans leurs tissus et leurs poils. Théoriquement le danger de porter de la fourrure de phoque est tout aussi grand que celui de manger de la chair de phoque, puisque le mercure va sans doute s’évaporer sous le soleil et empester l’air de celui qui le porte. Le mercure n’est pas biogradable et il change de forme sous la combustion et la chaleur. “Les niveaux de mercure dans les phoques et les baleines bélugas de l’Arctique ont augmenté d’environ quatre fois au cours des 25 dernières années dans certaines régions du Canada et du Groenland, avec des implications pour les communautés qui consomment des mammifères marins.”5 les bébés phoques du St-Laurent qui sont majoritairement chassés ne sont pas à l’abris de cette bioaccumulation, le mercure passant par le cordon ombilical pendant la gestation et par le lait maternel.
Les malheurs du bélouga
Le bélouga notre animal baromètre pour cette article (il ne faut pas compter sur le lobby des chasseurs de phoques pour produire une étude sérieuse sur le phoque vue que les résultats donneraient sans doute raison aux écologistes) nous montre la vulnérabilité des mammifères en haut de la chaîne alimentaire face aux substances toxiques. “L’exemple des bélugas de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent (Canada) traduit la complexité du problème (Béland et collab., 1993). On a enregistré des concentrations élevées de mercure et de plomb (ainsi que de BPC , de dichlorodiphényltrichloréthane (DDT), de mirex, de furanes et des métabolites des HAP) chez les bélugas. En tout, 40 % des animaux étudiés présentaient une prévalence de tumeurs, 53 % montraient une forte incidence de lésions du système digestif, 45 % des femelles adultes montraient une incidence élevée de lésions des glandes mammaires et 50 % de tous les animaux souffraient de lésions du système respiratoire.” 2
Les données scientifiques concernant le taux de toxines cancérigènes dans la chair des bélougas ont sans doute découragé les Québécois de consommer la chair d’un animal, le phoque, en haut de la chaîne alimentaire et ayant donc un fort taux de toxines dangereuses dans ses tissus. Les Canadiens préférant la viande sans mercure, BPC, DTT, cela n’aide pas la commercialisation de la viande de phoques au Canada. Les Chinois, qui font partie d’un marché visé par le lobby pro-chasse aux phoques, devraient se demander pourquoi au Québec on soutient cette chasse financièrement malgré que les produits de cette chasse sont impopulaires au Québec.
La viande de phoque bonne pour la santé?
Le taux de toxines augmente d’une génération de phoque à l’autre par bioaccumulation. Le sang de chaque génération massacrée de phoque retombant dans les eaux du St-Laurent et retournant dans la chaîne alimentaire. Comme le mercure n’est pas biograble, il s’accumule d’année en année, produisant des générations de jeunes phoques plus contaminés que les précédentes. La mère phoque nourrissant sont petit et contaminant son petit par l’entremise du lait maternel. Ce phénomène de contamination par le lait a aussi été constaté chez les mères Inuits. Aux îles Féroés les chercheurs se sont aperçus que le sang des globicéphales tués retournait dans la chaîne alimentaire et était assimilé par les poissons par les branchies. Des analyses sanguines obtenues lors d’une enquête sur la santé des Inuits, menée au Nunavut 2004, ont révélé que le taux moyen de mercure atteignait 50 nmol/l chez les Inuits qui avaient participé à cette enquête, soit 13 fois plus que chez les résidents du sud du Québec. Or le Golfe du St-Laurent est beaucoup plus pollué que les eaux de l’Arctique.
Le mercure annule les effets des Oméga-3
Sur le site de Radio-Canada j’ai trouvé ceci qui est intéressant. “Le Pr Éric Dewailly et ses collègues ont établi qu’il existait une relation directe entre le taux de mercure et la tension artérielle. Ainsi, pour chaque hausse de 10 % du taux de mercure sanguin, la tension artérielle augmentait de 0,2 unité. Des recherches ont déjà indiqué que les oméga-3 avaient un effet protecteur contre la haute tension artérielle. Toutefois, leur abondance dans le régime traditionnel de ce peuple (les Inuits) ne suffirait pas à atténuer l’effet du mercure.” 3
Il faut ajouter que les eaux arctiques sont moins polluées que les eaux du St-Laurent à cause de toutes les industries très polluante (pâtes et papier, aluminium) qui s’y trouve. Les phoques qui vivent dans le St-Laurent ont fort probablement un taux de mercure beaucoup plus élevé que le taux de mercure dans la chair des phoques que les Inuits consomment. Donc le lobby en faveur de la chasse aux phoques a beau vous dire que la viande de phoque contient des Oméga-3 excellent pour la santé, ce n’est pas vraiment un argument pour manger de la viande de phoque. C’est comme manger de la vitamine et du poison en même temps mais avec une plus grande concentration de poison… Mais si vous voulez vous suicider à petit feu, la consommation de viande de phoque est une option alimentaire valable. Les fameux omégas tant recherchés sont présent dans le pain et la margarine, les graines de lin, algues, noix, huile de chanvre et autres aliments.
L’eau des fleuves et des océans n’est plus constituée que du fameux H2O et de sel mais de multiples produits résultant de l’activité humaine. “Parmi les principaux polluants de notre eau, se retrouvent des substances toxiques d’usage industriel, agricole et domestique, notamment les éléments en trace, les biphényles polychlorés (BPC), le mercure, les hydrocarbures pétroliers, les dioxines, les furannes et certaines pesticides. Certaines s’accumulent dans la chaîne alimentaire au lieu de se décomposer dans l’environnement.” 4
Le mercure versus la cigarette
Je fume moi-même des cigarettes tout en étant conscient des risques pour ma santé que cela engendre. La cigarette est considérée dangereuse pour la santé, cela est maintenant un fait indiscutable pour tous. Les compagnies de cigarettes sont donc obligés de mettre des avertissements en grosses lettres sur les paquets pour prévenir les consommateurs des risques qu’ils encourent. Ne pas le faire serait un geste criminel pour les cigaretiers car ils mentiraient alors sur la composition de leur produit. On peut alors se poser la question suivante: Pourquoi alors peut-il se vendre dans le monde de la viande de phoque ou de baleine que l’on sait intoxiquée au mercure et impropre à la consommation? Pourquoi ferait-on des exceptions pour les risques sur la santé par rapport à un produit? Pourquoi le lobby pro chasse aux phoques oublie de mentionner la présence de polluants et substances toxiques dans la chair des phoques? Le lobby pro chasse aux phoques agit d’une façon tout aussi criminelle et irresponsable que l’ancien lobby de la cigarette qui niait les effets du tabac sur la santé.
Pourquoi alors n’est-il pas écrit sur les paquets de viande de phoque un avertissement en noir en blanc gras comme sur les paquets de cigarettes: “ATTENTION CE PRODUIT PEUT PRODUIRE DES DÉSORDRES NEUROLOGIQUES CHEZ VOTRE ENFANT” ou bien “PEUT CONTENIR DU BPC ET DU MERCURE”. Pour les manteaux de fourrure de phoque c’est la même chose, il devrait y avoir une notice: “CE MANTEAU CONTIENT DES POILS QUI PEUVENT CONTENIR DU MERCURE”. Ceci aiderait le consommateur à faire un choix d’achat éclairé et sécuritaire. Le lobby pro chasse vante cette viande presque comme de la viande santé à cause des oméga-3, mais mélangé au mercure les oméga-3 ce n’est plus santé du tout.
Les Îles Féroé et les effets du mercure sur les femmes et les enfants
Les effets néfastes du mercure ont été documentés aux Îles Féroé. Les médecins des Îles Féroé eux-mêmes déconseillent la consommation de viande de globicéphales malgré que cette pratique soit ancrée profondément dans la tradition locale. Si les médecins ne peuvent interdirent les Grinds (massacre festifs de baleines), ils veulent au moins que les gens du coin réduire fortement leur consommation de viande de globicéphales. Les Îles Féroé enregistrent d’ailleurs les plus hauts taux de malformations congénitales du monde. Des retards cognitifs sont remarqués chez la plupart des enfants. “Les premiers résultats scientifiques sur la contamination de la population des îles Féroé remontent à plus de dix ans. En 1997, une étude longue de dix années et portant sur un millier de couples mère-enfant avait montré un niveau élevé de contaminants et révélé leur effet sur le développement des enfants: perturbation du développement neurologique des fœtus et des enfants, hypertension, maladie de Parkinson plus fréquente, etc. “6
L’argument du nombre pour justifier une injustice
Les tenants de la chasse aux phoques nous servent souvent l’argument du nombre pour légitimer la chasse. Si on tiens compte de cette logique stupide, tout animal sauvage dont la population dépasse un certain nombre devrait être massacré que ce massacre ait une utilité ou non, que la chair de cet animal soit en demande où non. Si on pousse plus le raisonnement que dirions-nous si une espèce plus avancée que nous (disons des extraterrestres) décidait de venir nous massacrer sous le même argument, en disant que ce serait mieux pour la Terre que nous serions juste 1 milliard au lieu de 7 milliards? Nous trouverions cela injuste pour nous. Le lobby pro chasse aux phoques tente de réinventer les règles du capitalisme en tentant de vendre un produit dont la demande est inexistante. En général dans un capitalisme sain, un produit est exploité quant une demande existe justifiant son exploitation. Dans le cas présent, cette demande est faible et la chasse aux phoques est très impopulaire dans le monde ce qui a beaucoup terni l’image du Canada dans le monde. Les incompétents en poste à Ottawa se demande encore pourquoi la candidature du Canada n’a pas été retenue au Conseil de sécurité de l’ONU. Je crois que la politique extérieure du Canada ainsi que la chasse aux phoques n’ont pas aidé à se bâtir une image de marque. La meilleure façon de courir vers la ruine est d’encourager une industrie dont le produit est impopulaire en partant. Quant c’est rendu qu’un produit a besoin d’une armée d’avocats devant les tribunaux pour aider sa mise en marché c’est qu’il y a un problème quelque part. Pour le lobby pro chasse ce n’est pas grave puisque c’est le contribuable canadien moyen qui commandite sans le savoir cette chasse condamnée à l’échelle internationale.
CONCLUSION
Désespéré, le gouvernement canadien a du envoyer l’ancienne Gouverneure-Générale Michaëlle Jean au Nunavut manger un coeur de phoque crue pour vanter les mérites de la viande de phoque, ça semble ridicule comme stratégie de marketing. Au Québec, 17 bélougas sont retrouvés mort par année, résultant d’un empoissonnement par des métaux lourds. C’est rêver complètement en couleurs que de croire que le phoque est mystérieusement à l’abris des polluants comme le BPC, le mercure. Les deux espèces, le bélouga et le phoque, sont en haut de la chaîne alimentaire et mangent du poisson et des crustacés. Pas besoin d’être un génie de la biologie au doctorat pour savoir que si les bélougas d’ici sont 10 fois plus intoxiqué que ceux de l’Arctique, ça augure mal pour le taux de mercure dans la chair des phoques du St-Laurent. Si la chair des phoques de l’Arctique nuit à la santé des Inuits imaginons l’impact que ceci pourrait avoir dans un milieu encore plus pollué que l’Arctique, soit le St-Laurent. Comme les phoques que chassent les chasseurs du Golfe nagent dans les même eaux que les bélougas, ont peut en déduire que la chair des phoques chassés par les chasseurs canadiens est fortement intoxiquée. Malgré ces faits un lobby veut vous faire bouffer de la viande de phoque et en vendre dans le monde entier. Ce qui est bizarre aussi est que le Canada a interdit dernièrement l’importation de produits chinois dangereux à cause de matières toxiques (jouet, biberons, etc…) et qu’il s’apprête à faire la même chose en vendant les produits dérivés du phoque contaminé au mercure dans le marché chinois.
SOURCES
1- http://seme.uqar.qc.ca/10_bio_magnification/chaines_trophiques_sensibles.htm
2- http://seme.uqar.qc.ca/10_bio_magnification/chaines_trophiques_sensibles.htm
3- http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2009/10/14/002-Mercure-pression.shtml
4- http://seme.uqar.qc.ca/10_bio_magnification/chaines_trophiques_sensibles.htm
5-http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=562&ArticleID=6077&l=fr
6-http://mondedurable.science-et-vie.com/2008/12/au-feroe-la-baleine-nest-plus-comestible/
http://www.pbs.org/frontlineworld/stories/faroe605/interview_weihe.html
http://non-a-la-cruaute.blogvie.com/2010/04/02/produits-du-phoqueles-chinois-se-laisseront-ils-empoisonner/
http://www.cyberpresse.ca/environnement/200905/02/01-852687-le-taux-de-mercure-des-phoques-en-hausse.php
http://cordis.europa.eu/fetch?CALLER=FR_NEWS&ACTION=D&SESSION=&RCN=30005





